Agriculture et chimie s’unissent dans une démarche responsable
France, terre agricole ? Un milieu méconnu, empreint de sympathie mais aussi souvent accusé de maintenir des pratiques polluantes. Et pourtant, l’agriculture d’aujourd’hui travaille à la réduction de son empreinte environnementale notamment grâce aux innovations dans le domaine des fertilisants et des produits phytopharmaceutiques et à la diffusion de bonnes pratiques.
Le salon de l’agriculture, qui se déroule du 27 février au 7 mars 2010, est l’occasion de tirer un trait sur les idées reçues et de découvrir comment la chimie a révolutionné l’agriculture, tant du point de vue de la production agricole que de celui de ses débouchés.
Les bio-plastiques se multiplient
De plus en plus de produits issus de l’agriculture se substituent à ceux issus du pétrole. Les bio-plastiques fabriqués essentiellement à partir de céréales sont utilisés pour réaliser des bâtons de coton-tige, des liens auto-serrant de pliage de parachutes, des tees de golf, des couverts jetables … jusqu’aux sacs poubelle qui limitent les mauvaises odeurs, puisqu’ils laissent passer la vapeur d’eau mais restent imperméables à l’extérieur. Autre application, des bulles de calage destinées à l’emballage de produits fragiles sont complètement biodégradables et hydrosolubles. Utilisant quant à lui des acides gras d’origine végétale, un nouveau plastifiant présente une alternative aux phtalates utilisés classiquement pour la fabrication de PVC flexible (polychlorures de vinyle).
Céréales beauté, céréales propreté
T’as pensé aux céréales ? Le Clip
envoyé par thomasvoine. - Clip, interview et concert.
Les céréales sont employées également dans plusieurs produits de beauté. Elles sont un composé essentiel de la molécule autobronzante la plus utilisée au monde, la DHA (ou dihydroxyacétone). Et les actifs issus du gluten de blé sont parfois utilisés pour leurs propriétés réparatrices et nourrissantes pour la peau. Les chiens aussi ont leur produit à base de céréales, sous forme d’os à ronger destiné à favoriser leur hygiène buccodentaire. Réalisés en bio-plastiques, ils ne leur font courir aucun risque d’occlusion intestinale en cas d’ingestion, et favorisent même leur transit intestinal.
Maîtriser l’apport d’engrais

Ces applications sont autant de débouchés supplémentaires pour l’agriculture. Si l’on y ajoute les besoins alimentaires des hommes et animaux, la production agricole doit être plus que jamais substantielle et de qualité. Tout d’abord, les plantes ont des besoins nutritionnels importants : 1 hectare de blé absorbe chaque jour 2 kg d’azote, 6 kg de potassium et 1 kg de phosphore, ainsi que du soufre, du calcium, du magnésium et des oligo-éléments. Ces besoins sont remplis par les engrais, qui compensent le fait que les plantes cultivées ne se décomposent pas sur place et ne restituent donc pas à la terre ce qu’elle leur a donné. D’origine minérale (phosphate, potasse, azote) ou organique, ils sont choisis et quantifiés selon les besoins de la plante et les apports dont elle bénéficie déjà. Lorsque les apports d’azote dépassent la capacité d’absorption de la plante, du nitrate peut descendre avec l’eau dans le sol et atteindre les eaux souterraines. C’est pourquoi, dans l’agriculture raisonnée, les apports sont désormais calculés au plus juste, notamment grâce à des logiciels informatiques qui intègrent en outre des données climatiques et géologiques.
En parallèle, les industriels de la fertilisation mettent sur le marché de nouveaux engrais contenant un stabilisateur d’ammonium. Ceux-ci permettent un apport d’azote progressif et adapté aux besoins de la plante et une réduction des migrations de nitrates dans les sols. Cette innovation permet également aux agriculteurs de réduire le nombre d’épandage
Protéger les plantes
Les produits phytopharmaceutiques sont quant à eux chargés de protéger les plantes des insectes ravageurs, maladies (champignons, bactéries, virus) et mauvaises herbes. On estime que 45% de la récolte de blé serait perdue en France sans cette protection. Avant la mise sur le marché d’un produit, près de 300 études sont réalisées, qui équivalent à 10 ans de recherche. Aucun résultat scientifique étayé ne permet de conclure à l’existence d’un lien avéré entre les produits phytopharmaceutiques et les cancers, les problèmes de fertilité et les maladies neuro-dégénératives, y compris chez les agriculteurs. Pour protéger ceux-ci, très exposés aux produits, l’étiquetage des emballages et l’information aux utilisateurs sont de plus en plus précis et soumis à des règles strictes.
Des innovations pour soigner les cultures
La recherche phytopharmaceutique a pour objectif de trouver des solutions issues de la chimie de synthèse qui soient de plus en plus respectueuses de l’homme et son environnement. De nouvelles solutions se développent et on trouve parmi elles un vaccin des plantes. Cette molécule à base d’algues stimule les défenses naturelles de la plante en lui faisant croire à une attaque extérieure. La plante produit alors des molécules destinées à renforcer la résistance des parois mais aussi des antibiotiques végétaux. Une autre innovation consiste à intervenir sur le stress des plantes. Quand un organisme végétal est agressé par la sècheresse, la chaleur ou tout autre choc environnemental, il n’a plus assez d’énergie pour poursuivre sa croissance, enclencher la photosynthèse et produire des semences. L’industrie chimique étudie la possibilité de diminuer ce stress des plantes en supprimant de la plante une protéine qui régule l’activité de plusieurs protéines impliquées dans la réponse au stress. Autre solution à l’étude : l’intégration au génome d’une plante, des gènes d’une bactérie qui augment le taux de recyclage de CO2 lors de la photosynthèse et permet à la plante d’économiser de l’énergie et de lutter ainsi plus facilement contre le stress.











